Le discours de la méthode
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Écrit par ebola   

Petit retour arrière. Nous sommes début août la saison va bientôt démarrer avec son cortège d’espoirs et autres rêves de gloire. Du côté des marines et blancs, la récente victoire au trophée des champions face à l’invaincu Lyonnais ne fait que conforter les ambitions. Quasiment deux mois de compétitions sont passés et la flamboyance bordelaise ne semble être plus qu’un simple feu de paille. Au final, aujourd’hui, en fin d’après midi, les bordelais se rendent à Grenoble bourrés d’incertitudes…

 

La presse était unanime ce samedi 2 août : en dominant l’Olympique Lyonnais, Bordeaux se posait en sérieux candidat au titre 2009. Il faut dire que tout le monde était prêt et impatient. Cependant,  une voie semblait discordante, limite ne pas y croire : celle de Laurent Blanc. « Notre problème est que si on pense que la saison dernière va nous donner des droits, on se met le doigt dans l'oeil et on va avoir de grosses désillusions ». (L’Equipe Août 2008). Depuis cette même voie n’a pas changé. A l’image de l’an passé où Laurent Blanc ne se privait pas de fustiger ses joueurs par presse interposée, les propos sont les mêmes, voire plus violent. "Ce qui est regrettable, ce n'est pas le score. Chelsea a une équipe bien supérieure à la nôtre. Mais sur ce match-là, on est trop timide, on les a trop regardés jouer. Le reproche que j'ai déjà fait à mes joueurs, c'est de ne pas avoir tenté de répondre à la valeur de Chelsea. Il y a des choses à revoir dans l'agressivité. On se bagarre toute l'année pour jouer la Ligue des Champions, et quand on y est on devient timide. Il ne faut pas oublier qu'on est tombé sur une grande équipe. Mais on peut regretter de n'avoir pas été à la hauteur, dans l'état d'esprit et l'agressivité. C'est un problème qu'on a depuis le début de saison, cette agressivité absente dans les duels », réagissait-il au soir de la cuisante défaite à Stamford Bridge, paroxysme d’un début de saison loin d’être convaincant. Ce discours et cette méthode sont-ils les bons ?

 
Alors qu’il clame à l’ambition dans le jeu, qu’il appelait à l’ambition l’an passé dans un coup de gueule resté célèbre, depuis le début de saison, Laurent Blanc ne fait qu’insister sur les limites de son équipe (« Aujourd'hui Bordeaux est le cinquième budget de France. Quatre clubs sont devant nous, avec des moyens financiers supérieurs aux nôtres. Ce sera logique si on termine dans le quinté de tête »), modifie son plan de jeu quasiment à chaque match, tâtonne alors que l’effectif est quasi inchangé.  Pire, à l’approche du déplacement à Chelsea, Blanc nous annonce la fin des ambitions de jeu. Lui qui prônait un jeu offensif où l’on tente, voila qu’il annonce le retour au « tous derrière et espérons un contre » pour ce déplacement. Etonnant donc de voir ainsi fustigé le manque d’ambition et d’agressivité de ses joueurs, d’autant qu'en fin de match notre entraîneur annonce au micro de Canal + qu’ « à deux zéro, j’avais déjà la tête à Grenoble ».  Alors, quelques questions se posent : doit-on tout reprocher aux joueurs ? Pourquoi un tel revirement dans la philosophie de jeu déployée l’an passé avec succès ?

A l’approche de ce fameux déplacement à Grenoble, nous voyons ainsi fleurir les discours et autres analyses psychologiques, façon remise en question dans la presse. Le président Triaud annonce une équipe en plein doute, Marc Planus entrevoit une lumière rouge si les joueurs ne se reprennent pas. Pendant ce temps, l’entraîneur, sans jamais remettre en question ses choix tactiques, reste dans sa ligne de dénigrement avec un « on a sans doute vu Bordeaux trop beau après les résultats de l’an passé ». Pas sur que le dénigrement constant de son équipe soit une bonne méthode pour rétablir la confiance. Alors, ne nous méprenons pas. Il ne s’agit pas ici de clouer au pilori un entraîneur qui nous a enflammé l’an passé. Il est juste temps de recadrer les choses. La remise en question est impérative, c’est sur, mais elle l’est pour tout le monde. Elle doit s’appliquer aux discours, mais également à la méthode, car « ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien ». Le problème c’est que, pour l’instant, en Gironde, ni esprit, ni méthode ne semblent bons. C’est la toute la difficulté qui s’annonce alors que nos bordelais sont au pied des Alpes.

 



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