Héroïques
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Écrit par ebola   

Le 19 septembre est, dans le calendrier républicain, le jour du travail. Comme un symbole, à l’occasion d’un déplacement catalogué dangereux à Grenoble, il était largement demandé aux marines et blancs de s’y mettre tant les dernières prestations indiquaient qu’il restait quelques RTT à solder du précédent exercice. On était tous dans le doute : un déplacement dans un stade jamais vaincu, face à un promu euphorique à qui on prédisait une saison en enfer, 4 jours après une déroute sans nom à Chelsea, rien ne laissait espérer. Et pourtant, au terme d’un match venu d’ailleurs, les Girondins s’imposent à Grenoble, sans la manière, mais avec l’impression du travail bien fait.


21 joueurs ont été convoqués pour ce « périlleux » déplacement au pied des Alpes. Trémoulinas, Ducasse et Traoré prennent place en tribune, sur le terrain, Blanc reconduit quasiment l’équipe qui a eu le privilège d’échanger leur maillot avec les blues mardi derniers. Seuls changements : Chalmé est de retour à droite, ce qui fait glisser Jurietti sur la gauche et Placente sur l’extrême gauche du banc de touche, Planus retrouve le banc et Gouffran, pour la première fois de la saison, l’y accompagne. L’ossature est donc la même, pas de révolution à attendre, et c’est normal. Tous ont évoqué une révolte obligatoire, Blanc pour sa part a choisi de continuer de tailler les faiblesses morales de son équipe. Sur qu’après ces 90 minutes, son discours a changé (sa réaction en témoignera d’ailleurs).
Et pourtant cette première mi-temps ne restera pas dans les annales. Grenoble a de l’envie, c’est sur, mais l’effet est proche de la piqure de moustique : au début ça gratte, mais rapidement on n’y fait plus attention. Côté bordelais, ce n’est guère mieux. Le ballon tourne stérilement en milieu de terrain mais aucune accélération et toujours ce même déchet technique viennent annihiler toute approche. Les coups de pied arrêtés, notre spécialité l’an passé, sont toujours aussi mal exploités. Le milieu est totalement déséquilibré Wendel étant invisible à gauche, Fernando refusant d’aller à droite. Au final, les gardiens prennent froids et le public s’endort. Le tournant du match intervient à la 43ème minute : Chamakh réalise son numéro, entre dans la surface et se fait descendre par Flachez. Le stade se tait, craignant le pire, mais ni Mr Ledentu, ni son assistant n’estime bon de siffler penalty. Cela met le feu aux poudres : Chamakh s’énerve, prend un jaune. Dans la foulée, c’est Diarra qui s’emporte et est averti. Petite cause, grandes conséquences.
La mi-temps est sifflée et on n’est pas au bout de nos surprises. La seconde période démarre par une succession de coup francs vendangés par les marines et roses (remarquez comment j’avais jusqu’ici éludé ce maillot hideux). Puis viennent les trois minutes les plus folles de cette saison : Feghouli file en contre, Diarra le descend. Carton rouge. On n’était déjà pas folichon, la situation empire. Et ce n’est rien. Wendel, en mode transparent, décide de se montrer. Ecrasage de crampons sur le genou de Baning. Deuxième rouge. On n’en dira pas plus, mais Geraldo n’est vraiment pas au mieux dans sa tête en ce début de saison. Cave, sevré de ballons, sort (Blanc s’en excuse) et Jussiê entre. Déjà qu’à 11 on n’existait pas vraiment, l’opération rachat, à 9 contre 11 s’annonçait encore plus délicate. Et pourtant, cette équipe sans volonté jusqu’ici se réveille. Grenoble a beau être en supériorité, Ramé ne sera quasiment jamais inquiété. Bordeaux semble même contrôler son adversaire et se montre même dangereux sur une légère opportunité de Diawara monté aux avants postes. Il reste 15 minutes à tenir, Chamakh cramé est remplacé par Planus – on verrouille. Mais verrouiller quoi ? Grenoble est inoffensif. Et le miracle se produit : Chalmé est lancé sur son côté droit, déborde et centre. Dans l’axe, Gourcuff (énorme encore ce soir) vient mettre la pression sur Flachez qui repousse comme il peut. Jussiê a suivi et fusille Wimbée. A 9 contre 11, à 10 minutes de la fin, les girondins sont en passe de l’emporter. Qui l’eût cru. Grenoble sent qu’il s’est fait piéger et s’énerve alors que les Jussiê et Gourcuff étalent leur technique. Ce dernier irrite tellement que Robin décide d’écorner son visage. Les bordelaises sont en colère, Robin est expulsé. Plus rien n’à signaler : contre toute attente, les bordelais ont retrouvé des valeurs morales et s’imposent au Stade des Alpes. La montagne s’annonçait grande, elle est franchie de manière héroïque. Espérons que le déclic tant attendu aura eu lieu ce soir, ça y ressemblait en tout cas. On attendra confirmation face aux verts la semaine prochaine.
Les joueurs :
Difficile d’analyser ce match. Entre une première mi-temps où nos bordelais ont une fois de plus été totalement inexistants et une seconde période absolument héroïque, on aura vu deux visages. Certains restent à leur niveau : qu’il soit bon (Chamakh et Gourcuff), ou toujours aussi décevant (Wendel). La défense aura tenu (même si l’opposition n’était pas du niveau Ligue des Champions non plus) même si on s’aperçoit qu’il est toujours possible de la déstabiliser rapidement en passant dans son dos. Au milieu, Diarra devrait méchamment nous manquer face à Sainté. Gourcuff est toujours aussi important alors que Fernando, plutôt que d’être en concurrence avec Gouffran à droite, devrait uniquement postuler à un statut de remplaçant de Diarra tant il n’a de l’influence que lorsqu’il est dans l’axe. Devant, Chamakh est toujours aussi essentiel alors que Cavé n’aura pas vu un ballon dans les 30 derniers mètres. Enfin, mention spéciale en guise de clin d’œil au retour de Jussiê qui nous offre les 3 points les plus significatifs de ce début de saison.  

Feuille de match 

L1 / 6eme journée : GRENOBLE - BORDEAUX : 0-1 
Stade des Alpes - 19 018 spectateurs - Temps doux - Pelouse en bon état 
Arbitre : M.Ledentu 
But : Jussiê (80eme) pour Bordeaux 
Avertissements : Baning (48eme) et Vitakic (68eme) pour Grenoble - Chamakh (43eme), A.Diarra (44eme et 50eme), Jurietti (83eme) et Jussiê (94eme) pour Bordeaux 
Expulsions : Robin (91eme) pour Grenoble - A.Diarra (50eme) et Wendel (54eme) pour Bordeaux 
Grenoble : Wimbée (cap), Mainfroi, Flachez, Vitakic, Robin, Baning (La.Touré, 64eme), Romao, Feghouli (El Moubarki, 76eme), Dja Djedje, Akrour (Courtois, 54eme), Moreira. Entraîneur : M.Bazdarevic 
Bordeaux : Ramé (cap), Chalmé, Henrique, So.Diawara, Jurietti, A.Diarra, Fernando, Gourcuff, Wendel, Cavenaghi (Jussiê, 58eme), Chamakh (Planus, 74eme). Entraîneur : L.Blanc

 



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