La bonne affaire
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Écrit par ebola   

Pour le compte de la 21e journée de Ligue 1, les Girondins se déplaçaient à Grenoble, lanterne rouge déjà reléguée pour de nombreux suiveurs. Lorsqu’on oppose les statistiques, le match des extrêmes ne devait avoir d’autre issue qu’une victoire tranquille, la montagne étant trop rude pour les isérois. Pourtant, c’est oublier que lorsqu’on joue au stade des Alpes, on sait grimper les sommets.


« La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne » écrivait Einstein. Les girondins l’ont appris à leur dépend pendant 45 minutes. En théorie, aucun problème. Malgré l’absence de Planus (suspendu) et Carrasso (blessé), Laurent Blanc avait largement de quoi aligner une formation qui ne ferait qu’une bouchée de Grenoble, dernier de la classe avec une seule victoire en 20 matchs. Le scénario était écrit d’avance : on allait assister à un attaque défense de 90 minutes avec des grenoblois n’attendant qu’un contre pour espérer un résultat. Oui, ça, c’est la théorie.


Parce qu’en pratique, le 4-2-3-1 désormais classique mis en place par Laurent Blanc n’a quasiment pas existé pendant 45 minutes. Il faut reconnaître que les grenoblois faisaient preuve d’une abnégation incroyable, ne semblant pas décidés à jouer les victimes expiatoires. Et comme côté bordelais, les joueurs semblaient passés en mode suffisance, il n’en fallait pas plus pour que les isérois prennent confiance au fil des minutes. Les meilleures occasions de la première période sont grenobloises. Ljuboja – Battles – Courtois – Akrour et Dieuze se régalent mais la défense tient. Première grosse alerte, une volée énorme de Courtois qui s’écrase sur le poteau. On joue la 20e minute et Bordeaux n’existe pas. Le temps file et Grenoble continue de pousser. Ljuboja s’amuse de la défense bordelaise, centre en retrait sur Akrour qui va marquer mais heureusement, Tremoulinas sauve sur la ligne. On se dit qu’il va falloir attendre la mi-temps pour que le duo Blanc – Gasset réveille tout ce petit monde. Reste à espérer atteindre la mi-temps sans dégâts (un comble). Seulement, il y a souvent une justice en football et c’est justice donc lorsque Battles envoie un missile dans la lucarne de Ramé. 1-0 pour Grenoble, à 30 secondes du terme du premier acte.  Une certitude : les murs devraient trembler (enfin, l’espère-t-on).

Quinze minutes plus tard, les 22 acteurs reviennent sur la pelouse et d’entrée Juan décide de donner un coup de main à l'apathique champion sortant. Un tacle à retardement dangereux sur Jussiê et le défenseur grenoblois est justement expulsé (second avertissement). C’est le tournant du match. A la pause, Laurent Battles avait pourtant prévenu au micro de Foot+ : « On mène, c’est bien mais on est capable d’en prendre 3 en dix minutes alors faut bien rester concentrés. » Pari remporté par Battles : Grenoble va bien en prendre 3. Seule erreur, cela se fera sur 45 minutes. Pourtant la première action suivant l’expulsion est pour Grenoble. Courtois décale Calvé qui sert Romao. Le togolais manque alors une occasion unique de breaker. La punition survient sur l’action suivante. Trémoulinas, servi par Jussiê, délivre un amour de centre pour Gouffran. L’icône de Jba décroche une superbe tête qui se loge dans la lucarne de Viviani. Bordeaux revient. Comme si le coup n’était pas assez dur pour Grenoble, dans la foulée, c’est Chalmé qui centre vers Chamakh. 2-1. En trois minutes, le match est quasiment plié. D’autant que les sénateurs s’en contentent, bien aidés par des isérois assommés et épuisés par les efforts consentis jusqu’ici. A l’image du ballon, le chrono tourne et le match ne présente quasiment plus aucun intérêt. Pourtant Blanc décide de sortir Gouffran et faire entrer Cavenaghi (enfin diront certains). L’argentin en profite. Dans la minute suivante, le duo Tremoulinas – Wendel (entré à la place de Jussiê) fait des siennes et le petit latéral girondin centre en retrait pour Cavenaghi qui fusille Viviani (dont le poignet semble bien fragile). 3-1, Bordeaux s’impose mais n’aura guère convaincu, bien aidé par l’expulsion de Juan à la 47e minute. 47 comme le nombre de points des marines et blancs, six de plus que l’an passé à pareille époque, huit de plus que le nouveau dauphin, Montpellier (car l'ogre lillois a eu la bonne idée de perdre à Sochaux).

Le hasard faisant bien les choses, la semaine prochaine Bordeaux recevra Boulogne, avant dernier, alors que Montpellier accueillera les sardines. L’occasion de lâcher un peu plus l’un des deux poursuivants directs (voire les deux).

Les joueurs : s’il ne faut en retenir qu’un, ce ne peut être que Tremoulinas. Omniprésent derrière, auteur de deux passes décisives, le petit latéral bordelais aura été l’un des seuls à surnager de la mélasse bordelaise. Car après, si Diarra a passé son temps à colmater les pertes de balles de ses amis du milieu, on a retrouvé le Bordeaux que l’on n’aime pas : lent, suffisant, sans envie apparente. Jussiê a fait du Jussiê, Fernando a fait du Fernando version petit match de championnat perdu dans le creux de l’hiver, Gourcuff n’a pas été transcendant et Chamakh isolé. Gouffran s’est débattu sur son côté (? – difficile de bien déterminer sa position réelle sur le terrain) alors que derrière, Sané – Ciani n’ont pas vraiment paru inquiétés et Ramé est resté solide. Seule satisfaction, le but de Cavenaghi alors sur le terrain depuis 20 secondes. Pour le reste, on se contentera de dire qu’il faudra montrer autre chose au fil des semaines sous peine de grosses désillusions. Certains ne verront aucune raison de s’alarmer (ce n’est que la reprise après tout), d’autre en profiteront pour jouer les Cassandre. On pourra également s’interroger sur le 4-2-3-1 Ligue des Champions, si inefficace en championnat. Mais pour tout cela, il y a le forum.

Feuille de match :

Ligue 1 – Orange givrée. 21e journée. Stade des Alpes loin d’être plein.

Grenoble 1 – 3 Bordeaux

Buts : Battles (45e) pour Grenoble, Gouffran (52e), Chamakh (55e) et Cavenaghi (83e) pour Bordeaux.
Arbitre : M. Gauthier.
Avertissements : Juan (3e et 45e) pour Grenoble, Chalmé (31e), Chamakh (60e), Diarra (64e) et Gourcuff (85e) pour Bordeaux.
Expulsion : Juan (45e) pour Grenoble.
Grenoble : Viviani – Calvé, Romao, Paillot, Sauget – Battles (Rendulic, 71e), Dieuze, Juan, Courtois (Matsui, 58e) – Akrour, Ljuboja (Ravet, 76e). Entraîneur : Bazdarevic.
Bordeaux : Ramé – Chalmé, Sané (Plasil, 69e), Ciani, Trémoulinas – Diarra, Fernando – Gouffran (Cavenaghi, 82e), Gourcuff, Jussiê (Wendel, 76e) –Chamakh. Entraîneur : Blanc.



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