PSG 1 – 2 Bordeaux : l'héritage gagnant !
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Écrit par Bobic   

Deux matchs, deux défaites, une envie absente et un coach qui met déjà en cause « l'héritage » et semble bien incapable d'imposer une rupture à un groupe girondin trop peu modifié durant l'intersaison. Ce troisième match, face à un PSG dont le recrutement et le début de saison font déjà l'un des favoris de ce championnat, laisse peu d'espoir aux supporters. Ajoutez à ça les envies de départ annoncé de Gourcuff, la blessure diplomatique d'un Cavenaghi lassé d'attendre son tour, une tactique que d'aucuns caractériseront de frileuse, et ce match semble annonciateur de la saison à venir : une lente et douloureuse agonie.

 






Pour autant, ce match semble enfin marquer les premières décisions de Tigana, qui se passe de Gourcuff dont les envies de départ sont incompatible avec l'implication nécessaire à un match de football, et de Cavenaghi dont le mollet n'aurait pas résisté à l'annonce de la titularisation de Gouffran. Au coup d'envoi, il aligne donc une attaque inédite, avec Gouffran devant, soutenu par Jussiê de retour à un poste qu'il n'avait plus occupé depuis les premiers mois du Président, dans une association ressemblant fort au duo qui avait brillé à l'arrivée de Blanc et permis à Bellion d'inscrire sa dizaine de buts lors de sa première saison. Sur les côtés, Plasil et Wendel seront chargés d'animer les couloirs alors que Fernando et Diarra sont associés à la récupération. Derrière, les retours de Ciani et Carasso ont pour mission de stabiliser la défense.


Le début de match est pourtant a sens unique, la variété du jeu parisien leur permet d'ouvrir des brèches un peu partout, sur les côtés où Ceara et Jallet profitent de l'absence de danger dans leur dos pour apporter leur soutien à Nenê et Sessegnon, et dans l'axe par des longs ballons, alternativement sur la tête d'Hoareau ou dans la profondeur entre Ciani-Sané pour Erding.
Carasso doit s'employer pour contenir les offensives parisiennes, impérial dans son face à face avec Hoareau, puis soufflant très fort sur la volée de Sessegnon bizarrement oublié par Fernando à la réception d'un coup-franc de Nenê.
Côté joueurs de champ, seul Jussiê semble dans le match, avec des prises et des conduites de balles qui nous rappellent qu'en dépit de ses irrégularités, il est avant tout un excellent joueur de ballon.

Les autres se signalent surtout par une nervosité qui fait presque plaisir à voir. A défaut d'être dominateurs, ils montrent de l'envie, de l'engagement, parfois à la limite. Depuis combien de temps n'avait-on pas vu Fernando aussi concerné, râlant sans cesse après l'arbitre, au point de devoir être rappelé à l'ordre par Diarra puis Tigana ?
Le brésilien sent bien qu'il pourrait avoir un rôle à jouer dans la saison à venir, et veut montrer que Bordeaux n'a pas besoin de lui coller dans les pattes un meneur de jeu, qu'il a les moyens de récupérer les clés du camion qu'on lui refuse depuis sa première saison bordelaise, lui imposant successivement la présence de Micoud et Gourcuff. Au bout d'une demi-heure de jeu, il remonte d'un cran et impose un pressing plus important sur les milieux adverses, tranquillisant ainsi l'axe central girondin, moins exposé aux ouvertures longues. Il prend aussi l'initiative de quelques raids dont il a le secret et ça fait plaisir de le revoir à ce niveau là.

Malgré cela, les parisiens se montrent toujours les plus dangereux, et sur une n-ième ouverture, Erding part plein axe défier Carasso, qui a l'intelligence, à défaut de stopper Erding, de ne pas le faucher et fossoyer le match, et parvient même à l'obliger à s'écarter suffisamment pour permettre le retour des défenseurs et priver le turc d'un but qui lui semblait acquis. Et c'est encore sur une tête d'Erding qu'il se détend juste avant la mi-temps, dans une parade aussi efficace qu'esthétique. Après une première saison que l'on qualifiera de quelconque, ce match est peut-être enfin le sien.
On se dit alors que tout autre résultat qu'une défaite serait bon à prendre et qu'il en serait le héros.



A la reprise, léger flottement à l'écoute des interviews bordelaise, dont l'optimisme paraît en décalage certain avec la production footballistique de la première mi-temps.
Le match s'équilibre néanmoins, à l'image de la fin de la première période, Fernando-Diarra sont plus aggressifs à la récupération et Plasil-Wendel contiennent mieux les latéraux adverses.
Jussiê continue sa prestation de soliste, déstabilise toute la défense parisienne, est déséquilibré par Camara dans la surface, mais force trop sa chute et récolte un carton jaune au lieu d'un pénalty qui n'aurait rien eu de scandaleux …

Tigana, à l'image de son équipe, plus concerné sur son banc que lors des deux premiers matchs, sent qu'il y a quelque chose à faire, et sort un Wendel transparent pour faire entrer Modeste. Coaching intelligent, Gouffran écartant enfin un jeu trop axial, obligeant ainsi Ceara à jouer plus bas, et laissant Nenê orphelin. Dommage néanmoins qu'il n'y ait personne pour faire la même chose côté gauche, d'autant plus que la sorti d'Erding pour Giuly ouvre aux parisiens des boulevards face à Tremoulinas, bien seul, qui vivra une fin de match difficile.

Comme un symbole de l'envie retrouvée des girondins, c'est Diarra, capitaine décrié, pas encore revenu à son niveau mais dont l'implication ne peut être remise en cause, qui place sa tête sur un corner de Plasil et ouvre le score face à des parisiens médusés. Les réactions de joies font plaisir à voir; non ce groupe n'est pas blasé, oui il veut encore gagner.

Pour tenir le score, tenir le ballon est sans doute la meilleure solution face à une équipe dont l'attaque semble dangereuse, mais la défense fébrile, et Tigana l'a bien compris en faisant entrer Gourcuff à la place d'un Jussiê déclinant.
Malheureusement, dans la foulée, Paris égalise par Hoareau. Frustrant, mais néanmoins logique à la vue du match.
Le mental bordelais est à l'épreuve, et dans la minute suivante, une erreur de placement monumentale de Ciani offre un 3 contre 1 aux parisiens, action annihilée par le retour du même Ciani. A défaut de tête, il faut avoir des jambes. Gageons qu'avec le retour de Planus, ou retrouvera les deux.

La fin de match est tendue, ça sent le KO des deux côtés, on oscille entre la frustration de ne pas gagner ce match quand Modeste, seul sur corner, ne cadre pas sa tête, et le soulagement de ne pas le perdre lorsque Nenê envoie un ballon au-dessus sur une passe en retrait d'Hoareau.

Temps additionnel, dernier corner, dernière occasion pour Gourcuff de remercier le club avant de partir, dernière offrande sur la tête de Ciani qui crucifie les parisiens, et offre une victoire tellement précieuse aux bordelais.




Le score est dur pour les parisiens, pour un match qu'ils auraient dû gagner en première mi-temps. Côté bordelais, le sentiment que la saison est enfin lancée, que Tigana a enfin pris les rênes et coupé avec le passé, dans un 4-4-2 où Fernando pourrait enfin prendre toute la place qu'il réclame depuis tant de temps, où à défaut de beau jeu, on a retrouvé des valeurs de sacrifice que l'on avait pas vu dans cette équipe depuis trop longtemps, où la redistribution des cartes de cadres pourraient faire quelques heureux, et où certains joueurs semblent s'affirmer, tels Ciani, qui semble communiquer sa sérénité autour de lui, à défaut d'être irréprochable, ou Carasso, qui a enfin réalisé le grand match que l'on attendait de lui.
Coupure avec le passé donc, mais héritage finalement assumé aussi, avec deux buts sur corner de deux joueurs recrutés par Laurent Blanc. La rupture tranquille, comme l'aurait dit l'un des grands penseurs de ce début de 21ème siècle ...

 



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