[CDF 32èmes] ASSE - GIRONDINS 1-1 (2 tirs au but à 4)
Écrit par dada
OUF !
Du rythme, du suspense, des rebondissements, du drame, du désespoir et enfin, de la joie libératrice ... C'est tout le panel des émotions estampillées "Coupe" qui s'était donné rendez-vous pour ce 32ème de finale au Chaudron. Côté scénario, une belle dramaturgie articulée en 5 actes sans prélude.
Premier acte, les Verts, favoris objectifs, accélèrent et se créent deux énormes occasions par Saadi et Sinama-Pongolle ; c'est un Carrasso de grande classe qui repousse. Les verts dominent, le ballon revient sans cesse, semblant annoncer la boucherie tant redoutée. Mais, ô magie du football, 35', Henrique remonte le ballon avec son bloc et trouve Jussiê à 40 mètres des buts adverses. Superbe accélération autour du ballon, contrôle, crochet pour contourner et entraîner la défense centrale, le magicien Brésilien expédie une mine sèche dans les buts de Ruffier : 0-1. Lorsque notre génial intermittent joue ainsi, rien ne peut l'arrêter. Peu après, Bordeaux est bien prêt de doubler la mise sur coup-franc. Malheureusement, la tête d'Henrique trouve la base du poteau.
Second acte, on prend les mêmes et on continue ...
Saint Etienne, pas vraiment remis du but encaissé, n'arrive pas à se défaire du bloc Bordelais, bien regroupé et prompt à contre-attaquer. Seuls les coups francs amènent un peu de danger. Las, ni Sako ni Sinama-Pongolle ne trouvent le cadre. Pas plus qu'Henrique, de peu au dessus, à l'heure de jeu. Les minutes défilent, les changements interviennent, Battles et Guilavogui apportent du sang neuf et remuent un peu la citadelle à scapulaire. Les tirs se multiplient, à chaque fois plus précis, plus dangereux. De même nos contres manquent d'enfoncer le clou dans le Chaudron. Hélas le tir de Saivet est repoussé alors que celui de Modeste n'est pas cadré ... Le rythme s'intensifie au fur et à mesure que le dénouement s'approche.
Sané repousse un tir de Battles sur sa ligne tandis que sur un nouveau contre, Traoré, retenu dans la surface, s'écroule : pénalty ! Victoire assurée, pense-t-on : nous sommes dans les arrêts de jeu, nous avons un but d'avance et un pénalty à tirer. Tout le monde se dit que c'est plié. Sauf que Bellion tire légèrement à gauche, Ruffier qui a plongé du bon côté, repousse. L'ASSE n'est pas morte ! Bien au contraire, les locaux accélèrent encore, jettant leurs dernières forces dans la bataille, malgré ça, sur un énième contre, Maurice-Belay a une nouvelle occasion, il bute sur Ruffier devenu subitement invincible (94ème). "Ce n'est pas encore fini, Monsieur l'Arbitre ???" Non, 95ème, les Verts donnent tout et l'impensable survient, sur l'ultime attaque. Notre défense commet un non-alignement coupable, laissant Guilavogui seul face à Carrasso, tir imparable entre les jambes : 1-1, catastrophe : tout est à refaire.
Troisième et quatrième acte : les prolongations : ne pas lâcher. Surtout pas. Gillot connaît parfaitement le fragilités de son groupe, il trouve les mots : solidarité, combat, rester regroupés, ne pas trop accélérer pour ne pas exploser ... Les joueurs appliquent les consignes : bien qu'assez débridées, ces prolongations ne sont pas décisives. Les bordelais sont visiblement émoussés mais de leur côté, les Verts restent brouillons, le soufflet euphorisant de l'égalisation est retombé, ils dominent, ils attaquent, mais ne sont pas vraiment dangereux. Seul faits notables : un tir non cadré de Battles et surtout pour nous, une tête du revenant Ciani qui trouve la barre de Ruffier, battu cette fois-là (116ème). C'était écrit, il fallait aller jusqu'au bout du bout ...
Cinquième et dernier acte : les tirs au but, ô putentrailles ... Battles et Maurice Belay ouvrent le feu : 1-1 Ebondo tire, Carrasso repousse superbement. Cet arrêt est "transformé" par Saivet (la balle passe sous le ventre de Ruffier). Nicolita tire sur la barre, tandis que Trémoulinas transforme : 1-3. Ghoulam marque, Henrique conclue : 2-4, Bordeaux est qualifié !
D'ailleurs, c'est bien Henrique qui est l'homme du match. Avant son tir au but décisif, n'oublions pas sa présence dans tous les duels, ne lâchant rien. C'est lui qui fait la passe décisive sur le but Bordelais, puis qui a trouvé le poteau sur une belle tête. Mais au delà du seul domaine sportif, c'est bien dans celui de la discipline que l'on peut connaître de nouvelles prolongations.
Victime d'un coup de coude -volontaire- à la tempe, par Sinama-Pongolle (114'), le Brésilien s'est précipité sur son agresseur dès le match terminé. Agressé puis agresseur, une longue mêlée s'en est suivie à l'entrée des vestiaires. La FFF a commandé un rapport, les nombreux témoins ne manqueront pas de donner leur version des faits. Ce sera aux instances disciplinaires de trancher. Quoiqu'il en soit, si les accusations de "coup porté" se révèlent exactes, le défenseur Bordelais risque jusqu'à 8 matches de suspension.
Bref, cette petite fin ne doit pas masquer les points positifs de ce match : la qualification, face à notre récente bête noire, un moral en hausse, une relative solidité défensive ainsi que des vertus d'abnégations enfin retrouvées. Dans les points négatifs, on notera la cagade finale, un milieu parfois étouffé et une attaque atone, d'une faiblesse effrayante. M'enfin, la qualification fera -on l'espère- un bien fou à un groupe en sérieuse quête de repères. Carpe diem ... On nous annonçait une boucherie, quelques uns avaient fait l'impasse sur le match, notre jba-national (voir forum) tablait sur une saison à 40 matches. Désolé de vous contredire, amis déclinologues, nos Girondins ne sont pas tout à fait morts !