Girondins-AS Roma 1-3: L'impact de la louve
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Belle soirée, une quatorzaine de degrés, pas de vent, nuancier de crachin atlantique entièrement décliné. 

Bouchons sévères au portillon. Impressionnante démonstration des forces de l'ordre, quelques difficultés du cow-boy zélé de service, je ne me laisse pas démonter, ' suis sûr de mon droit.

Un interminable réquisitoire me permet d'entrer enfin, le coup d'envoi vient d'être donné.

Un peu dur à digérer quand tu es sagement dans la file, rue Albert-Thomas, depuis 25 mns avant le début du match.

Tout ça pour moins de 27000 spectateurs, ce qui est très décevant.

Et ce n'est pas l'assistance dans le parcage adverse qui a plombé le chiffre, bien loin de là.

2ème menhir dans le jardin des tenants d'un nouveau stade de la semaine (s'il en reste encore), c'est bien le seul point réjouissant.

    Disons-le tout de suite, ce match démarre tambour battant, et nous avons le plaisir d'assister à la meilleure mi-temps jamais produite par les Girondins en Ligue des Champions ce millénaire-ci.

C'est "danse avec la louve".

 

Gourcuff en chef d'orchestre, Jussiê et Obertan qui lèvent toutes les hypothèques sur les flancs, ce vaste non-monde depuis l'entame de la saison, Fernando remonté semble enfin à l'aise dans le rôle qui lui est assigné.

Diarra, avec le brassard, a plus que jamais des allures Vieresques, Chalmé dévore l'espace à belles enjambées, à peine parfois contrarié par Menez, qui semble à ce moment-là être le seul visiteur à disposer de quelques crocs pour mordre.

Pour casser le rythme, quelques parties de roule-barrique et autres grossières figures de la panoplie chère aux footballeurs transalpins aparaissent. L'arbitre espagnol, M. Mallenco, s'y laisse prendre, pas à chaque fois, mais de plus en plus. Le piège Romain se referme sur lui, enfin, sur son jugement, peu à peu, en douceur.

 Cela n'empêche pas les Girondins de se créer quatre ou cinq bonnes occasions, dont trois carrément grosses, et d'enquiller, par Gourcuff, un superbe but (18ème).

La louve chasse en meute, repère la proie la plus faible et s'y attaque avec détermination, sans la moindre rémission.

C'est ainsi que nous en arrivons au tournant du match, à la 35ème.

Comme dans tout scénario de foot italien classique, il s'agit d'obtenir une injustice par une provocation, une tricherie gagnante. Vu cinq cent fois ou plus, celle-là. C'est donc Perrotta qui s'y colle, et M. Mallenco se fait berner. Henrique a dû trouver le tunnel de retour au vestiaire bien long.

Imbroglio sur le changement, un fantomatique Wendel (je vais finir par croire que c'est psychologique, peut-être son interminable mauvaise passe provient-elle du décès de sa mère cet été ?) succède à un brillant et hardi Jussiê, puis Planus à Obertan.

Cahin-caha on atteint la mi-temps.

En me raclant la gorge, je m'apreçois que j'ai dû chanter, hurler, vociférer, encourager. Sans m'en rendre compte. Pris par le match. Bon, moins de moitié moins que Tom, assis (parfois assis) sur le siège contigü.

 Peut-être briefé à la mi-temps, l'arbitre entame la seconde par une distribution de cartons jaunes aux Romains (quatre en cinq minutes !).

Mais la louve a assez joué avec sa proie, il est temps de se repaître. Vucinic porte un coup qui s'avère fatal à la 64ème, premier but, issu d'un corner. Baptista se charge de l'hallali et de la curée (71ème, 83ème).

Si Spaletti prétend, après le match, que les Girondins ont joué superbement pendant une grosse heure (oui mais la note esthétique, en foot, ça n'existe pas), c'est pour hausser la perf' de sa propre équipe.

Il  sait qu'il a gagné, il faut valoriser.

Il lui importe peu que tout le monde puisse voir avec quelles armes hideuses ce succès à été ficelé. 

Ce match est un éloge de l'injustice et du truquage impuni de plus, et un châtiment envers l'équipe qui a le mieux joué, celle qui "méritait".

Un seul joueur côté hôtes a paru en mesure de prendre les transalpins à leur propre jeu:

Jurietti. Et aucun joueur Girondin ne doit avoir honte de sa prestation hier soir.

Juste un match contre une équipe italienne de plus, quoi.

Pas de quoi en faire une histoire.

Spaletti ?

Je ne vois pas comment il peut sans retenue féliciter ses troupes. Ni comment ses joueurs peuvent lever les bras au ciel après le coup de sifflet final.

Enfin à vrai dire, à deux joueurs près: La cordée des alpinistes Mexès et Panucci, qui ont battu (littéralement, ptdr) haut la main le record de Lescure de bivouac en paroi, 90 mns sur les épaules de Marouane à tricher. Impunément, bien sûr.

 Eux, ce sont sûrement les crampes qui les obligent à maintenir les bras levés.

 Mais pour tous les autres, c'est normal que je ne puisse pas comprendre. C'est culturel. Et c'était prévisible. Et donc ça ne se discute pas. Ou si peu...

Feuille de match:

Parc Lescure 26920 spect., Crachin par intermittence, volume des précipitations variées.

Arb.: M. Mallenco.

Expulsion: Henrique 36ème.

Avertissements: Diarra 30ème, Panucci 55ème, Taddei 57ème, Baptista 60ème, De Rossi 61ème, Chalmé 74ème.

Remplacements: Jussiê par Wendel 37ème, Obertan par Planus 40ème, Menez par Baptista 52ème, Aquilani par Okaka 63ème, Jurietti par Gouffran 78ème, Vucinic par Brighi 85ème.

Girondins: Valverde, Chalmé, Henrique, Diawara, Jurietti, Diarra (cap), Fernando, Gourcuff, Obertan, Jussiê, Chamakh.

AS Roma: Doni, Cicinho, Mexes, Panucci (cap), Riise, De Rossi, TaddeiPerrotta, Aquilani, Menez, Vucinic.