Les doutes et l'espoir
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Écrit par dada   

Bordeaux-Cluj ou quand une équipe surpise se déplace chez le dernier de son groupe. Jadis outsider potentiels, les Girondins ont revu leurs ambitions à la baisse, humilité de rigueur, surtout quand on possède le pire goal-average de la Ligue des Champions.
Aussi, Laurent Blanc a donné le ton à ses troupes, ce qui nous permettra d'éviter le piège de la condescendance, voire de la légèreté.

Face à nous, cette surprenante équipe de Cluj. Loin des légendes de vampires et autres histoires de gousses d'ail, les footballeurs Roumains ont la réputation d'être de sacrés joueurs, vifs et techniciens mais également comédiens et truqueurs. Au delà des clichés, restent ces deux résultats de haut niveau, avec une victoire à Rome et un nul contre Chelsea. C'est donc invaincus, que les Roumains se présentent à Lescure.
Pour l'emporter, Le Président fait de nouveau confiance à Bellion et Obertan plutôt qu'à Wendel et Gouffran. Chamakh est seul en pointe alors que Cavenaghi ronge son frein sur le banc. A noter enfin, le retour de Ramé.

D'entrée de match, les Girondins semblents plus volontaires, plus vifs. Les Roumains donnent le ton, en multipliant les fautes.
Dans ces premières minutes, Chalmé semble anormalement hors du coup : passes ratées, fautes grossières, On se dit qu'à ce rythme, il ne finira pas le match. Et comme l'arbitre ne semble pas non plus y être, les fantômes Romains viennent hanter la pelouse ... Depuis les tribunes, c'était palpable.

Le match, sans sombrer dans l'ennui, s'enlise dans un rythme haché par les fautes (parfois grossières et irritantes). Les visiteurs sont souvent à l'initiative de l'anti-jeu mais les Bordelais tombent aussi dans le panneau, en réclamant, rouspétant inutilement quand il ne s'énervent pas (cartons pour Chalmé, Chamakh et Ramé).
La première mi-temps est de cette frustration, entre jeu balbutiant et non-jeu Roumain : match piège par excellence ...

Pourtant du jeu, nous en sommes capables !
Souvent en départ arrêté, souvent en passant un adversaire direct, il devient évident qu'il y a largement la place. Leur défense est regroupée, dans ses 30 mètres, ce qui est suffisant pour embêter un Gourcuff peu en jambes et un Obertan trop desaxé. Bellion provoque beaucoup aussi, mais il n'est ni gaucher ni milieu offensif ...
Par contre, Chalmé -qui s'est miraculeusement repris- déborde, combine et délivre quelques centres intéressants.

En face, le Français Tony "par terre" Da Silva teste sa popularité après des simulations grandioses et des fautes à répétition. Le public de Lescure ne s'y trompe pas et le conspue systématiquement. Le reste de l'équipe est à la hauteur et sa constance finira même par lasser l'arbitre qui distribuera biscottes sur biscottes (la moitié de l'équipe y passera ...). Dommage pour le spectacle et surtout, tant pis pour eux d'autant plus qu'avec Trica ou Koné, ils auraient même pu prendre l'avantage ...

Seconde mi-temps, effectifs inchangés.
Les joueurs girondins repartent à l'assaut des murailles roumaines mais ils semblent s'être considérablement calmés, par rapport à la fin de la première mi-temps électrique.
Peut-être cela a-t-il joué auprès de l'arbitre mais il est à noter que nous ne prendront aucun avertissement durant le second acte. Autre petit changement, la paire de milieux défensifs Muresan-Peralta semble jouer un peu plus haut. Certes cela bloque Gourcuff mais en même temps, cela le libère ! En effet, comme nous prenons régulièrement l'avantage dans les duels, des espaces nouveaux s'ouvrent enfin à nous.

D'ailleurs, ce qui arrive sur l'unique but de la rencontre où l'on voit Gourcuff amuser tranquillement plusieurs joueurs, à distance, avant de centrer sans trop de conviction pour Bellion. Cadu, le capitaine, tente de dégager un ballon qui devait finir "dans la niche" et le dévie dans son propre but. Si l'on peut parler de dépit sur cette rencontre, c'est bien à ce moment-là et il n'est pas chez les Marine-et-rose

Après ce coup du sort enfin en notre faveur, les joueurs de Cluj ont pu démontrer à quel point ils étaient d'un niveau faible, hier soir. Sans révolte, sans changer quoi que ce soit, ils ont continué les actes d'anti-jeu, les cartons eux, ont continué de pleuvoir.

Wendel et Gouffran sont rentrés et ont terminé de creuser des brêches dans la défense adverse.
Avec un peu plus de chance ou de réalisme, nous aurions dû l'emporter par une bien meilleure marge mais à l'inverse, nous aurions très bien pu aussi encaisser un but-hold-up, notamment sur un face-à-face perdu par koné.

La fin du match est crispante, Wendel perd son duel, Gouffran aussi. L'expulsion de Trica pour simulation (seconde biscotte) sera le cruel symbole d'une équipe à des années lumières de ses exploits précédents. Il ne reste plus rien à jouer, nous tenons l'essentiel, à savoir ces trois points qui nous remettent dans la course.
Même si nous avons été loin d'être extraordinaires, nous avons fait le minimum face à un adversaire regroupé et refusant le jeu. Nous avons désormais les yeux rivés vers l'Est, vers cette Transylvanie où une victoire semble désormais possible.

 

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