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CR du match vu du stade par grolarzan
Départ de Bordeaux samedi matin à 8h30 en avion. Dans la file d'embarquement, quelques maillots marine et blanc. A bord, ils tenteront d'ailleurs un petit chant mais les hurlements effarouchés de leur voisine de 2 ans (le cœur de cible de l'Olympique Lyonnais) les refroidiront un peu vite. Arrivée à Lyon Saint Ex' à 9h30 (le choix de l'avion prend tout son sens) où je retrouve les cousins qui me logent. Nancy, Bordeaux, Saint-Etienne, la famille Grolarzan converge à Gerland (cherchez pas d'anagramme).
Deux mots pour résumer la ville ? Instantanément, je pense plutôt à "froid" et "humide" : la balade dans le Parc de la Tête d'Or (très joli au demeurant) se déroule sous une pluie battante et glaciale. Le soir, on passe aux choses sérieuses, avec le passage obligatoire par un "bouchon" lyonnais (le restau traditionnel de la ville). J'affronte bravement la cascade de cochonnailles et de chaillotes mais le montrottier (sorbet de cassis (très, vraiment très) généreusement arrosé de marc de Bourgogne) finit d'achever votre serviteur déjà bien imbibé par les multiples "pots de côte" commandés. Quand je rouvre les yeux, dimanche est bien entamé, et il est l'heure de visiter le vieux Lyon. La fameuse place Bellecour est décevante (une place vide, type Quinconces mais sans les arbres et le charme ) mais le dédale du centre est particulièrement joli. Nous déambulons dans les traboules, un saut (un grand, car c'est sur les hauteurs) à la basilique de Notre-Dame de Fourvière... La vieille ville est vraiment belle, sans véritable unité architecturale, on a parfois l'impression d'être en Italie. Mais l'heure tourne. Juste le temps d'enfiler quelques pintes et des vêtements bien chauds, et en route pour le stade Gerland.
C'est mon premier dépla, je découvre donc le petit plaisir des regards méprisants des supps lyonnais devant mon écharpe. La fouille est réalisée par des policiers, paraît que c'est pas comme ça d'habitude. Le Stéphanois de notre groupe doit parlementer pour rentrer avec son écharpe un peu trop verte au goût des flics. Alors qu'il s'apprête à l'abandonner à contrecœur, leur chef approche et estime "qu'elle est très bien cette écharpe". Clin d'œil, on comprend rapidement qu'il est lui aussi stéphanois. Nous atteignons le parcage girondin. La vue est plutôt bonne, et une large zone tampon, bâchée et remplie de policiers, nous éloigne des supporters adverses.
Un mot sur le stade ? Gerland n'est pas construit d'un seul tenant, comme à Bordeaux. Si les tribunes "face" et "honneur" ne payent pas vraiment de mine, celles des "virages" montent beaucoup plus haut et plus à la verticale qu'à Lescure. En face, le virage Nord occupé par les Bad Gones a plutôt fière allure. A noter que l'ensemble des tribunes est couvert, plutôt une bonne chose, mais qui, à l'écran donne une impression d'obscurité : on nous voit peu, nous les visiteurs...
Dans le parcage, des pompons bleus et blanc (des rubans découpés dans des poches plastiques de couleur et noués ensemble) attendent le millier de supporters gigis. Ca paye pas de mine, mais c'est pas dégueu quand on les bouge tous ensemble. Les ultras donnent le tempo, les chants commencent. Jean-Michel Aulas est régulièrement l'objet de notre affection. Le "Campeones, Campeones" est plus jouissif que jamais. L'ambiance commence à monter sérieusement, on n'en oublie presque qu'on flirte avec les 0°C.
Le début de match est tendu. L'annonce de l'absence de Ciani nous a déjà un peu inquiété. Même Diarra semble un peu emprunté, en retard dans ses interventions. Notre milieu nous semble gêné par le dispositif lyonnais (à trois milieux déf comme l'a dit Ebo) et le déchet technique s'accumule de part et d'autre. Mais "on s'en fout, on est en huitièmes, et on s'est fait la Juve et le Bayern, et cette année on va tout arracher, marine et blanc allez allez". C'est déjà la mi-temps. Elle tombe à pic car je fatigue : j’ai déjà la voix complètement pétée et je viens de fouetter la tête de mon voisin par inadvertance avec mon pompon. On se rend compte soudainement qu'il fait super froid et on bénit l'inventeur des chaussettes de ski.
La deuxième mi-temps commence, l'emprise bordelaise est de plus en plus forte, mais on continue à trembler de temps en temps, d'autant que les Lyonnais attaquent désormais vers nous. Mais derrière, c'est solide. Sané écœure littéralement Lisandro (je ne sais pas si on l'a vu à l'écran, mais sur une énième récupération du jeune Bordelais, il lève les bras d'impuissance et pique une grosse colère contre Gomis). Tiens, d'ailleurs, Gomis. A son entrée, dans le parcage, on n'entend plus que les Verts répartis çà et là autour de nous. C'est plutôt violent, d'autant que le Bafé montrera que dalle ce soir.
Les minutes passent, il y a du K.O. dans l'air, on sent bien que ce match ne peut PAS se terminer sur un 0-0. 86ème, Gourcuff remet pour Chamakh, tête ! Merde, Lloris la sort encore une fois en corner... Attends...! Non ! Elle est rentrée ! Le parcage explose de joie, c'est la folie. Instantanément, le stade se vide littéralement, ça en est presque indécent. Bien sûr, ça arrive aussi à Bordeaux, mais là c'est vraiment impressionnant. D'autant que Lyon n'a pas encore complètement abdiqué. Lisandro hérite d'un coup franc imaginaire à l'ultime seconde, les footix lyonnais se retournent deux secondes. Mais l'argentin barbu n'est pas Juninho et le parcage peut exulter. On reste encore trente bonnes minutes dans le stade pour des raisons de sécurité, mais surtout pour prolonger la fête. Nos "Campeones" et nos "Supporters du mythique FCGB" (un chant bien ringard qui m'a bien fait marrer), résonnent dans le stade vide. Aulas est salué une dernière fois. A contrecœur, on quitte finalement l'enceinte et on essaie de modérer ses ardeurs : hop, écharpes sous les cols, pas la peine d'exciter le bad gone dépité, surtout quand certains parmi nous sont Stéphanois.
Bref, premier dépla pour moi, première à Lyon, première victoire, on est plus leader que jamais : super souvenir !
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