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Deux défaites de suite et les médias ont unanimement décrété que Bordeaux était en crise, oubliant allègrement qu'en dépit du résultat comptable, ces deux matchs ont sans doute été les plus aboutis de 2010 côté girondin. Victoire obligatoire donc contre Sainté, histoire de montrer que les patrons sont toujours là, avec en plus un fond de revanche dans l'air après un match aller auto-sabordé par Blanc et nos jeunes.
Froid polaire sur Lescure ce dimanche soir, mais stade presque plein néanmoins, y compris côté visiteur avec un parcage stéphanois bien rempli qui donnera de la voix tout le long du match. A l'entrée des joueurs, superbe tifo marine et blanc et vert, avec banderole « De Bordeaux à Sainté, nous marcherons toujours ensemble » , Ultramarines et Magic Fans faisant une encore une fois étalage d'une amitié dont on ne se lasse pas. En l'absence de Diarra, Blanc décide d'aligner Sané et Fernando à la recup', le reste étant du grand classique, si ce n'est l'absence de Gouffran au profit de Plasil. De l'autre côté, bonne surprise, Galtier choisit de ne pas fermer le jeu, en alignant deux pointes plus deux milieux excentrés pas particulièrement réputés pour leur replacement défensif, l'idée étant sans doute, comme c'est devenu une habitude face aux girondins, de profiter des espaces derrières les latéraux.
De fait, le début de match est ouvert, et Sané semble pallier efficacement l'absence de Diarra. Chalmé semble avoir retenu la leçon et ne part pas à l'abordage, Planus veillant au grain pour limiter les velléités offensives de Tremoulinas de l'autre côté. Chez les verts, Sanogo semble bien en jambe et pose immédiatement des problèmes physiques à Ciani, peu habitué à être battu sur ce terrain. Malgré un début de match plaisant, il faut attendre la 12ème minute et un coup-franc côté droit pour voir la première vraie occasion du match. Comme contre Rennes, Wendel dépose le ballon devant un Janot apathique et Chamakh vient tranquillement déposer le ballon derrière la ligne : 1-0. Si on avait pu regretter l'abus de centres, coups de pieds arrêtés et longs ballons de toute sorte rendus trop facilement aux gardiens adverses ayant compris qu'une forte présence dans leur surface rendait notre attaque stérile, l'ouverture du score montre qu'avec un Janot certes virevoltant sur sa ligne, mais généralement scotché dessus, multiplier les ballons aériens entre le point de pénalty et le but devrait permettre de mettre à mal cette défense et d'ajouter quelques buts sans devoir déployer un jeu virevoltant. Mais les trop rares montées des latéraux et un Plasil peu enclin à prendre son couloir en décideront autrement. Sainté ne se démonte pas, et continue à jouer, avec notamment Matuidi dont les montées balle au pied font mal à la défense bordelaise obligée de concéder quelques coup-francs. Le durcissement du jeu n'est d'ailleurs pas réservé aux girondins, et les verts comptent dans leurs rangs quelques joueurs capables de mettre des coups quand il faut. L'arbitre décide donc de sévir rapidement pour garder le contrôle du match, Diakhaté et Dabo sont ainsi avertis avant la demi-heure de jeu, entrainant une baisse d'agressivité salutaire pour le jeu. C'est néanmoins sur une énième faute sur Chamakh que viendra le second but, qui ne sera pas l'oeuvre de Chalmé, à son grand désespoir (dans un premier temps Wendel avait joué rapidement le coup-franc et lancé Chalmé au but, qui avait réussi à pousser le ballon au fond, avant de réaliser qu'il était le seul joueur en action sur le terrain). Qu'à cela ne tienne, Wendel se charge de la mettre au fond directement, 2-0. Dans la foulée, Wendel rate le doublé sur une jolie frape de l'angle de la surface suite à une belle combinaison Chamakh-Gourcuff. A ce moment là, on se dit que le grand Bordeaux est de retour et que les Verts vont déguster, et on ne voit pas comment il pourrait en être autrement. Sauf que les stéphanois ne sont pas de cet avis, gagnent la bataille du milieu et la possession du ballon, une première à Lescure depuis … je ne sais plus quand. Choix tactique ? On ne gagne plus en ayant le ballon, alors on tente autre chose ? Je pencherais plutôt sur un milieu défaillant, avec un Gourcuff trop haut et trop peu combatif, incapable de couper, ou au moins gêner, la première relance, et un duo Fernando-Sané trop bas, regardant complètement jouer N'Daw et Matuidi. Si Sané semblait capable de suppléer Diarra, notamment grâce à un (dé)placement intelligent qui lui permet de combler les espaces et intercepter quelques ballons, il n'a malheureusement pas (encore ?) la capacité à aller chercher le ballon dans les pieds de ses adversaires, et à faire remonter tout le bloc défensif. Et comme Fernando réserve son bleu de travail pour la LdC, se contentant en championnat des transversales et percées balle au pied, on se retrouve à subir complètement le jeu des Verts, qui ne doivent leur retard au score qu'à leur réussite sur coup de pied arrêtés, inversement proportionnelle à la notre. Et comme toujours dans ces cas là, ce qui devait arriver arriva, Sako égalise en plaçant une mine imparable sous la barre sur un coup-franc aux abords de la surface, 2-1. Imparable ? Oui. Mais pour autant Carasso est loin d'être exempt de tout reproche sur le coup. Etant donné la position, Sako ne doit même pas pourvoir envisager de tirer ce coup-franc de la sorte. Le mur trop petit, ne bouche que le petit côté et ne semble pas inspirer confiance à Carasso puisque malgré sa présence il croit nécessaire de se décaler du même côté. Résultat, une mine inarretable, certes, mais située exactement à l'endroit où Carasso aurait dû être positionné. Ce n'est pas encore ce soir qu'il nous fera gagner un match. Au lieu d'une deuxième mi-temps tranquille, on s'offre donc un match complètement relancé.
La deuxième mi-temps commence comme la première avait terminé, les stéphanois maitrisent le ballon et mettent la pression sur la défense bordelaise. Qui plus est, nous sommes incapables de tenir le ballon devant pour se donner de l'air, ni même de profiter des espaces laissés en contre, Plasil ou Wendel étant tout sauf des sprinteurs. Gourcuff sombre de plus en plus, et le scénario catastrophe commence à s'imposer comme une évidence. La sortie de Sanogo, pourtant très gênant pour la défense, au profit de Bergessio, est le tournant du match. Sous la pression verte, Bordeaux plie mais ne rompt pas, jusqu'à ce que Chamakh décide de nous faire une Cris. Pénalty, cette fois c'est sûr, Sainté va égaliser, et pour peu qu'ils continuent sur leur dynamique, remporter le match. Heureusement, Bergessio rate le cadre et nous épargne une nouvelle semaine de « crise, melons, incompétence tactique et surpayés » qui n'auraient pas manqué de fleurir. Ce pénalty semble aussi sortir Blanc de sa torpeur, puisqu'il réalise enfin que d'une part Gourcuff n'est pas du tout dans le coup et que densifier l'axe du milieu permettrait d'endiguer un peu les vagues vertes, et d'autre part que Plasil est en difficulté sur son aile et n'apporte rien au jeu bordelais qui aurait bien besoin de profondeur plutôt que de technique. Gourcuff et Plasil laissent donc leur place à Sertic et Gouffran, dont les entrées vont permettre de vivre une fin de match beaucoup plus sereine. Sur un joli double une-deux avec Chamakh, Wendel décale Gouffran côté droit de la surface puis reprend son centre tir pour pousser les ballon au fond, 3-1. La messe est dite, surtout que Bordeaux reprend enfin confiance et termine le match en faisant tourner le ballon, comme il aurait dû le faire dès la 30ème minute et le 2nd but.
Si l'essentiel est là, avec les 3 points chers à Chalmé, et la place de leader conservée, ce n'est pas dimanche soir que Bordeaux s'est défait de ses paradoxes; on attend encore le match de 2010 conciliant maitrise collective et réalisme devant le but. On pourra aussi s'inquiéter de la performance de Gourcuff qui semblait pourtant revenir à son niveau, se féliciter de la bonne forme de Wendel, s'interroger sur la pertinence du positionnement de Plasil sur un côté dans un 4-5-1, réfléchir à l'équilibre offensif/défensif qui reste à (re)trouver pour nos latéraux ou encore noter les limites du duo Fernando-Sané à la récupération.
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