Pourquoi Blanc est-il l'homme de la situation ... (partie 3)
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Écrit par Bobic   
Bordeaux n'étant pas Lorient, bien jouer ne suffit pas, il faut aussi des résultats. C'est là-dessus que tous les entraineurs sont jugés, et c'est là-dessus que Blanc sera jugé, plus que sur tout le reste.

Les résultats :

Commençons par un constat, Bordeaux n'a rien gagné avec Blanc à sa tête - je vous épargne le match amical du mois d'Août qui permet à Aulas de clamer si fièrement que Lyon a gagné 15 titres sous son "règne". Rien de rédhibitoire là-dedans bien sûr, ça ne fait qu'un an et demi qu'il est là, mais juste pour signaler que j'en suis conscient, que Blanc ne fait pas et ne fera peut-être jamais partie du panthéon des entraineurs bordelais, et que je ne suis pas en train d'essayer de dire qu'il mérite sa statue au Haillan.

Puisqu'on est en cours de saison, je ne jugerais pas le championnat actuel, ce qui de toute façon n'apporterait rien au raisonnement puisque les résultats sont 'bons mais pas exceptionnels'. Parce que globalement, voila ce qu'ils sont les résultats de Blanc, 'bons mais pas exceptionnels'. Une très bonne 2nde place en championnat l'an dernier, mais les trois coupes lâchées. Une Ligue des Champions honorable, mais qui se termine avec le goût un peu amer qu'il y avait la place de faire quelque chose de mieux.
En fait, ce qu'on peut dire, c'est que Blanc est un entraineur rationnel : performant et constant sur la durée mais qui ne semble pas en mesure de transcender son équipe pour créer l'exploit. Donnez lui des moyens, il sera sans doute capable d'être très performant, mais n'attendez pas de son équipe qu'elle soit la Grèce ou Porto 2004. Si on jette un oeil aux résultats en championnat, on s'aperçoit qu'ils ne sont pas exceptionnels contre les gros (3 défaites en 3 matchs contre les lyonnais, 1 victoire et 2 nuls contre les marseillais, aucune victoire contre les 6 premiers cette saison), mais presque parfaits contre les autres équipes, ce qui n'a pas toujours été le cas ces dernières saisons et qui peu se révéler très frustrant quand on fait les comptes en fin de saison (j'en profite d'ailleurs pour tordre le cou à l'idée d'une équipe de « sénateurs » qui choisit ses matchs, puisque ça n'est manifestement pas le cas, à moins que quitte à choisir, les joueurs préfèrent choisir ceux qui sont plus simples à gagner ...). Ceux de la Ligue des Champions sont encore plus frappants : 6 points contre Cluj mais 1 seul contre Rome et Chelsea. Finalement, celui qui résume le mieux la situation, c'est Blanc lui-même, avec sa déclaration post-romaine fataliste et pleine d'impuissance.

Faut-il s'en réjouir ou s'en mécontenter ? Pour ma part, j'aurais tendance à m'en réjouir - même si le voir balancer l'UEFA l'an dernier alors qu'un 8ème contre le Bayern nous tendait les bras reste quelque chose qui a encore un peu de mal à passer plus de 6 mois plus tard - parce que ça me semble être la meilleur façon de réussir sur la durée. A la lyonnaise, si j'ose m'exprimer ainsi. A condition bien sûr en temps voulu d'être capable de franchir la marche que les lyonnais n'ont jamais su franchir, la faute justement à leur manque de folie. Mais comme de toute façon Blanc ne sera sans doute plus l'entraineur bordelais dans 3-4 ans, il sera temps de trouver l'entraineur adéquat en temps voulu.
Cela dit, j'ose espérer que cette saison, les coupes ne seront plus considérées comme des matchs amicaux pour l'équipe réserve, les six premiers mois ayant montrés qu'on avait un effectif suffisant en quantité et qualité pour jouer l'Europe à fond sans pour autant sacrifier le championnat comme ça avait été le cas pour Ricardo. Une 2nde place ne sera un bon résultat que si les parcours en coupe sont respectables.

Finalement, les résultats actuels de Blanc ne montrent pas grand chose; ils laissent de l'espoir pour la suite mais ne font pas encore de Blanc le grand entraineur qu'il aspire à être. Ils devraient néanmoins être suffisant pour lui garantir l'impunité auprès de supporters qui lui en demandent plus qu'à n'importe quel autre entraineur. Sans doute la faute à son ambition déclarée de vouloir coacher un club en mesure de rivaliser avec les plus grands d'Europe, à Bordeaux ou ailleurs ...
 

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