Cuvée 2008/2009 : si bonne que cela ?
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Écrit par ebola   

Trève internationale oblige, on a toujours du temps pour ne pas penser au foot. Seulement, on est aussi ici pour parler de cela. Alors, avant de se lancer dans le sprint final, je vous propose de discuter de ce Bordeaux 2008/2009 un coup encensé, un coup décrié. Voici mon avis (qui s'autodétruira en cas de titre en mai prochain), n'hésitez pas à laisser le votre sur le forum.

Lidée de cette réflexion est partie d'un message laissé par un stagiaire du site l'équipe.fr qui nous (nous = les admins) a posé quelques question sur ce que l'on pensait des girondins 2008/2009 avant de disparaître dans la nature. J'en profite donc pour livrer ma petite réflexion aux yeux de tous, histoire de lancer le débat.

Le principal atout de cette équipe est clairement sa partie offensive. Je manque peut être d'objectivité, mais je considère que les Girondins 2008-2009 possèdent, avec Lyon, le plus bel effectif offensif de France. Je pense même que l’effectif 2008/2009 est probablement le meilleur qu’on ait depuis bien longtemps (même meilleur que celui de 1998-1999).
Outre l’extrême « technicité » des milieux offensifs (Gourcuff, Fernando, Jussiê, Wendel, ou même le petit Traoré), la variété des choix en attaque donne une multitude d’options intéressantes à Laurent Blanc. Il peut ainsi jouer sur la vivacité d’un Bellion (voire d’un Saivet que nous n’avons pas encore vu à l’œuvre), s’appuyer sur un point de fixation (Chamakh) et surtout, bénéficie de l’apport d’un vrai buteur en la personne de Cavenaghi. Beaucoup de médias font de Gourcuff le moteur principal de l’animation offensive bordelaise. Je reviendrais plus loin sur le cas Gourcuff, mais personnellement, je considère que le véritable centre névralgique de cette équipe (et qui maintien donc l’équilibre) est Alou Diarra. Il est pour moi la grande force du milieu bordelais. Il suffit de voir le contenu des matchs où il fut absent pour s’en rendre compte : au lieu d’une Gourcuff dépendance, Bordeaux a vraiment une Diarra dépendance (je citerai par exemple le match à Lille voire celui face à Saint Etienne ou son absence au milieu a eu pour conséquence la perte de la bataille du milieu).

Sur le plan défensif, difficile de parler de force collective. Je sortirai une individualité : Diawarra qui après des débuts laborieux lors de son arrivée, peut être désormais reconnu comme la seule valeur sure de cette défense. J’apprécie la maturité et la stabilité que prend Jurietti. J’aimerais bien le voir jouer dans l’axe, mais c’est un autre débat.

Globalement donc, je dirais que cet effectif 2008/2009 penche donc vers l’attaque et repose sur un équilibre fragile (la Diarra-dépendance). J’en viens donc aux faiblesses.

Elles sont multiples.

Premièrement, le mental. Si on s’en tient au dernier match de championnat, on aura le parfait contre exemple. Cependant, le nombre d’exemple de matchs joués sans envie est légion cette année. On peut citer le dernier Bordeaux-Saint Etienne pour la Coupe, mais des rencontres comme le déplacement à Sochaux ou même la victoire volée à Lorient. Les girondins sont clairement forts techniquement, mais je pense qu’ils en jouent trop, ils sont souvent suffisant et manquent de grinta, d’agressivité. C’est peut être ce qui leur manque pour être devant Lyon.

L’autre problème est surtout défensif : Diawarra a beau se démener, son alter égo de l’axe central n’est pas stabilisé (qui de Henrique, Planus voire Jurietti ?), le coach tergiverse souvent sur ce plan, preuve qu’il y a un malaise. Sur les cotés, on souffre souvent d’un manque de replacement défensif des latéraux, peu épaulés par les milieux off. L’équilibre défensif est donc plus qu’instable. Un point qui déséquilibre le tout aussi, c’est l’histoire du gardien. Autant Valverde a largement progressé en étant plus qu’intéressant au fil des matchs, autant il n’en est pas un numéro 1 en puissance. La fin de carrière se profilant pour Ramé, la gestion de cela est plus que mauvaise..il semble que la vision à long terme ne soit pas une qualité du staff bordelais.

Autre faiblesse : la paire Fernando-Gourcuff. Pour Gourcuff, je sais, cela peut paraître surprenant vu que c’est contre le phénomène de mode actuel, mais autant sur quelques rare matchs il a su débloquer la situation, autant globalement son apport est plus que limité dans le collectif. Il a tendance à trop porter le ballon, à trop vouloir faire la différence seul. Son jeu manque de simplicité, ce qui était la force de Zidane à qui tous les médias le comparent…..mais c’est un soucis de jeunesse. S’il gomme cela, la fluidité du jeu bordelais s’en portera mieux. Blanc ne semble pas avoir vraiment choisi un système qui lui convient et le soucis vient probablement de Fernando.

On se retrouve exactement dans la même situation qu’avec Micoud. Fernando semble vouloir être dépositaire du jeu et ne pas accepter de céder cette place à un autre. Souvent il vient marcher sur le territoire de Gourcuff comme il le faisait avec Micoud. Cela me permet de rebondir sur la grosse faiblesse offensive des girondins : l’absence de vrai joueur de couloir. Alonso parti, Obertan inefficace (maintenant parti), Wendel en dessous de son niveau de l’an passé et voila que Blanc n’a plus de choix. Gouffran est placé à une place d’ailier droit qui ne lui convient pas, Jussiê est promis jouer coté gauche alors que c’est un joueur axial. Notre soucis est que nous avons 3 meneurs de jeu axiaux mais pas de latéraux. Une fois de plus, Blanc ne semble pas savoir comment résoudre cette équation en changeant de système en fonction de l’adversaire. Le mercato bordelais aurait du porter la dessus.

Ceci m'amène au "cas" Laurent Blanc : je trouve que Laurent Blanc souffre encore d’un manque de maturité tactique. Le jeu bordelais dépend de quelques individualités et pas vraiment sur un jeu collectif ultra huilé comme on avait pu le connaître sous l’ère Baup. Bordeaux manque de variété tactique. La preuve en est donnée par les affrontements contre les équipes bien organisées tactiquement (Roma, Chelsea, Lyon, Rennes pour en citer quelques une). La fabuleuse remontée à Monaco, vantée par les médias comme un super choix tactique de Blanc, n’était en fait qu’une sorte de va-tout / stratégie du désespoir (Blanc l’a ensuite reconnu). Après je me pose la question de savoir quel est pourcentage d’influence de Laurent Blanc sur la tactique bordelaise. J'aurais tendance à penser que ce boulot revient plus à Gasset qu'à Blanc. D'ailleurs, je trouve qu’on (enfin, les médias) encense beaucoup Blanc mais qu’on oublie trop Gasset.

Dernier point : la faiblesse de profondeur du banc, surtout en défense. Les choix ne sont pas légions, surtout au niveau des latéraux (Jurietti, Chalmé, Placente pour 2 postes, c’est léger – et non je ne considère pas Tremoulinas comme un arrière latéral, c’est plus un milieu off).

Des défauts donc mais on chipotte toujours.

 

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