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  Vieux 17/10/2009, 18h50   #7135  
gigirondine
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Envoyé par Ronnie Voir le message
A signaler sur S-O du jour un intéressant article en pages intérieures intitulé :
Quand le virage se met à penser. Les supporters Ultras des Girondins de Bordeaux brandissent des citations de Nietzsche et de Camus sur leurs écharpes et banderoles.

QQun peut le choper et le mettre en ligne ?
Sur SudOuest.com:

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FOOTBALL. Les supporteurs ultras des Girondins de Bordeaux brandissent des citations de Nietzsche et de Camus sur leurs écharpes et banderoles. Unique
Quand le virage se met à penser








Les footballeurs des Girondins de Bordeaux, non contents d'être champions de France, sont en passe de se découvrir le public le plus avant-gardiste du pays. Le dimanche 27 septembre, pendant le match Bordeaux-Rennes, les supporteurs ultras du virage sud déploient deux banderoles pour le moins inhabituelles : « La vérité est toujours révolutionnaire » et « Ne vous laissez pas consoler ». Ils brandissent des écharpes portant des mots de Rimbaud, Camus, Zola, Brecht.
Le meneur du « kop », celui qui tourne le dos au match et harangue la foule avec un haut-parleur, porte dans son dos une citation inspirée de Nietzsche, lourde de sens dans un stade de football : « Les idoles n'existent pas ».



Dans un milieu où l'effort créatif s'intéresse plus volontiers à l'arbitre, à la mère de l'arbitre et à la moralité de la mère de l'arbitre, le virage le plus chaud du stade Chaban-Delmas ose, ce soir-là, afficher des messages d'un autre acabit.



« Mais on peut faire les deux ! » s'amuse Laurent Perpigna, le responsable des Ultramarines. « On dit que les ultras sont les plus fanatiques, les plus beaufs, or il y en a qui réfléchissent. On a saisi une opportunité de s'exprimer et de participer à un projet décalé. C'est un pied de nez à tous ceux qui nous prennent pour des cons. »
L'opportunité, c'est Evento qui la leur a offerte. Pour cette manifestation d'art contemporain, dont la première édition se déroule en ce moment à Bordeaux, le collectif artistique espagnol Democracia a souhaité travailler avec les Girondins de Bordeaux. « Le directeur artistique d'Evento, Didier Faustino, a rencontré le président du club, Jean-Louis Triaud. Lequel a accepté la proposition », raconte Françoise Brunet, chargée des relations des Girondins avec les institutions.



De Lénine ou de Camus ?

Le projet se résume ainsi : « Des messages inhabituels à fort contenu social s'introduisent dans l'univers du football. » Les Madrilènes de Democracia sont venus tourner un film pendant Bordeaux-Rennes, ils ont planché avec les Ultramarines et le service merchandising du club pour produire casquettes, écharpes et T-shirts portant les citations choisies. Uniquement des produits sous licence, portant le logo officiel du club, et commercialisés pendant Evento au profit d'un relais local des Restos du coeur.



« Ce qu'on a fait avec Bordeaux, on n'aurait jamais pu le faire avec le Real Madrid, le Barça ou le FC Séville ! Je suis convaincu qu'il n'y a aucun précédent dans le monde », s'enthousiasme l'artiste espagnol Ivan Lopez.



« Les supporteurs bordelais ont une base sociale, des idées, ils se réclament de l'antiracisme et de l'antifascisme, poursuit-il. Et ce n'est pas partout que des dirigeants de club auraient accepté de laisser les ultras passer des messages comme ''Ils ordonnent parce que nous obéissons'', qui est une phrase de Camus. Moi qui suis du Real, Bordeaux va devenir mon club préféré ! »



Le supporteur Laurent Perpigna revendique avec force « l'apolitisme » des Ultramarines, « ni de droite ni de gauche ». Pour autant, les messages retenus - et que le club, fidèle à son engagement auprès des artistes, n'a pas censurés - sont assez subversifs. « Ils sont littéraires », rectifie fermement Françoise Brunet, côté club.



La phrase « La vérité est toujours révolutionnaire » est attribuée à Trotski ou Lénine selon l'artiste, mais Laurent Perpigna « préfère ne pas savoir de qui elle est », tandis que Françoise Brunet semble vouloir qu'elle soit de Camus. Elle est plus probablement du communiste italien Antonio Gramsci.



« Ma préférée, enchaîne le supporteur Laurent Perpigna, c'est ''Les idoles n'existent pas''. Parce que nous supportons d'abord le club. Certains joueurs sont des mercenaires, qui n'hésitent pas à partir pour un club rival au lendemain d'un titre de champion, comme l'a fait Diawara (NDLR : qui s'est engagé à Marseille cet été). »
Parmi les phrases fortes de ce happening footballistico-culturel, le formidablement évocateur « Ne vous laissez pas consoler » de Bertolt Brecht est un des best-sellers, selon Pierre Tabel, qui gère le stand itinérant de Democracia dans les quartiers de Bordeaux. « Ceux qui s'intéressent au projet ne sont pas forcément fans de foot », observe-t-il. Il précise au passage que la moitié du stock a été écoulée dès les premiers jours d'Evento. Une bonne idée est toujours révolutionnaire.




Auteur : Nicolas Espitalier
gigirondine est déconnecté   Réponse avec citation